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Début du procès Zenimax contre Oculus : petit cours de rattrapage

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le 09/01/2017 à 23:27
​Le procès Zenimax contre Facebook démarre officiellement aujourd'hui à Dallas pour une durée estimée à 3 semaines. La décision pourrait avoir un impact très important sur le futur d'Oculus et de la scène VR dans son ensemble, petit rappel de ce que l'on connait (officiellement) sur les faits :

Zenimax Media est une société fondée en 1999 par les fondateurs de Bethesda : Christopher Weaver et Robert A. Altman (un avocat également patron du site Friendfinder). C'est sous Zenimax que Bethesda a développé MorrowindOblivionSkyrimFallout 3 et 4... 

En 2009, Zenimax rachète Id Software, société fondée entre autre par John Carmack, qui y a développé les jeux Wolfenstein 3DDoomQuake...

Début 2012, John Carmack, toujours employé chez Id Software, s'inscrit sur le forum mtbs3d et commence à échanger avec Palmer Luckey, un jeune bidouilleur de 16 ans qui y présente des prototypes de casques VR, les deux hommes finissent par se rencontrer et Palmer offre un de ses prototypes à John Carmack.

En avril 2012, Palmer Luckey annonce sur le forum mtbs3d qu'il a fait de grands progrès sur son prototype et qu'il va proposer des kits sur Kickstarter.
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​En mai 2012, John Carmack présente à l'E3 une version VR de Doom 3 fonctionnant avec ce casque, il explique à tous les journalistes qu'il va y avoir un Kickstarter permettant à tous de se le procurer.
 
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Grâce à l'impact médiatique, Palmer Luckey se retrouve sous les feux de la rampe, il abandonne ses études, monte la société Oculus VR avec Brendan Iribe et Mike Antonov, puis lance une campagne Kickstarter qui atteint 947% de son objectif en 1 mois.

En août 2013, le prototype devenu "DK1" s'est vendu à des dizaines de milliers d'exemplaires et John Carmack quitte Id Software pour rejoindre Oculus VR.

En mars 2014, Oculus VR lance les précommandes du DK2, et Facebook rachète la société pour 2 milliard de dollars.

En mai 2014, Zenimax porte plainte contre Oculus VR pour exploitation illégale de leur propriété intellectuelle. C'est cette plainte qui va donner lieu au procès démarrant aujourd'hui.

La position de Zenimax est que l'appareil développé par Palmer Luckey était "un prototype grossier qui n'avait pas de système d'attache, pas de logiciel VR, ni de capteurs de mouvement et autres éléments indispensables pour créer un produit viable"

Zenimax affirme que c'est John Carmack qui est responsable des avancées majeures qui ont transformé le Rift en une "puissante et immersive expérience de réalité virtuelle", ils expliquent qu'après l'E3 de 2012, au lieu de discuter de la manière dont Oculus pourrait dédommager Zenimax, Palmer et Iribe sont devenus "de plus en plus évasifs et non coopératifs" et ont finalement débauché Carmack, qui est accusé d'avoir copié en partant des milliers de documents depuis son ordinateur professionnel.

Zenimax explique que c'est pour se couvrir que Oculus a "disséminé dans la presse la fausse information selon laquelle Luckey était le brillant inventeur de la technologie VR qu'il aurait développé dans le garage de ses parents", alors que selon eux "en fait, cette histoire est totalement fausse".
Zenimax demande donc 2 milliards dommages et intérêts, et annonce qu'ils "vont appeler de nombreux témoins, Mr Zuckerberg inclus".

Facebook et Oculus de leur côté, ont très peu communiqué sur cette affaire jusqu'à maintenant, mais quelques infos permettent d'avoir une idée de la défense qu'ils vont adopter.

Pour commencer, Facebook a tenté de couper court à l'accusation par une note d'août 2015 en se basant sur le simple fait que Zenimax n'avait fait aucune réclamation concernant cette propriété intellectuelle avant qu'ils n'annoncent leur intention d'acheter Oculus VR en mars 2014.

John Carmack, par la suite directement visé par Zenimax, a été un peu plus loquace dans une note du mois de décembre 2016.

Il fait état que son contrat chez Zenimax l'autorisait à être impliqué dans Oculus car ce n'était pas une société de développement de jeux en concurrence avec Zenimax. Il dit également que Zenimax l'avait autorisé à rendre publique ses recherches sur la réalité virtuelle. Il affirme qu'il a proposé à Zenimax de construire et vendre un casque VR commercial similaire à celui de Luckey, mais que le CEO de Zenimax Robert Altman a rejeté l'idée, "Altman a décidé de ne pas saisir l'opportunité de faire de Zenimax un acteur de la révolution VR".
Selon la note de Carmack, Zenimax aurait refusé d'investir dans Oculus lors d'un appel de fonds préliminaire, mais également d'obtenir une large participation dans la société en échange de sa participation en tant que conseiller technique. Si Zenimax avait accepté l'une ou l'autre proposition "cela aurait rapporté des dizaines voire des centaines de millions de dollars en retour sur investissement quand Facebook a acheté Oculus".

Étant donné les sommes importantes en jeu, nul doute que ce procès va connaître des rebondissements et faire parler de lui lors des semaines à venir, nous allons donc suivre ce feuilleton en espérant qu'il n'aura pas d'impact trop négatif sur le marché naissant de la réalité virtuelle.


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