TEST
Test - Technolust : Boring Runner...

le 03/08/2016 à 19:45
En 1982, 3 ans après Alien, Ridley Scott sortait Blade Runner, un film de SF devenu culte avec sa vision froide et artistiquement maitrisée de l'année 2019. Plus de 30 ans plus tard, le film inspire toujours autant, et il n'est pas étonnant de voir des titres débarquer en réalité virtuelle qui lui ressemblent sur sa vision de notre futur. Technolust est le premier jeu VR à représenter cette vision. Il a d'abord vu le jour sous la forme d'une démo, au départ compatible sur l'Oculus Rift DK1 puis portée sur DK2, qui vous faisait incarner un hackeur dans un appartement sombre et visiblement sous haute surveillance. Cet appartement est toujours présent dans la version finale du jeu, mais vous serez aussi invité à en sortir, et à découvrir ce que le monde de Technolust a à vous offrir...
En VR, cette demoiselle donne l’impression d'avoir une Montgolfière en guise de tête...
En VR, cette demoiselle donne l’impression d'avoir une Montgolfière en guise de tête...
Le début du jeu commence dans un environnement virtuel fait de nuances de vert. Vous êtes sur une route, et vous avez juste à avancer tout droit. Vous pouvez aussi tirer de petites boules vers l'avant en pressant un bouton de votre manette, mais ça n'a aucun intérêt. Une fois le bout du couloir atteint, vous vous retrouverez dans la réalité, dans votre appartement plus précisément, où une voix sortant de votre ordinateur vous dira de désactiver les quelques caméras qui s'y trouvent, car visiblement dans le futur, chaque personne est observée en permanence, même chez elle. Une fois cette formalité faite, la voix vous demandera de récupérer quelques canettes, et d'aller à votre imprimante 3D pour y fabriquer un outil qui vous permettra de hacker les diverses sécuritées de la ville afin de vous y balader plus librement.

Vous pouvez donc enfin sortir de votre appartement, et découvrir une mégapole très sombre avec des drones de surveillance flottants ça et là, ainsi que des gens louches et pas très sympathiques qui vous diront des mots fleuris si vous vous approchez trop près. L'occasion de remarquer un point très dérangeant : les voix, en plus d'être robotiques (la plupart des gens portent des sortes de masques qui modifient leur voix) sont trop faibles par rapport aux autres sons du jeu, ce qui fait que j'ai passé mon temps à devoir me concentrer pour comprendre le moindre mot venant de mes interlocuteurs. 

Un jour comme un autre dans la peau de Néo

Ce personnage tourné avec de vrais vidéos est heureusement bien plus crédible
Ce personnage tourné avec de vrais vidéos est heureusement bien plus crédible
On pourrait donc se dire qu'un simple passage dans le menu résoudra le problème, mais pour ça, il faut déjà le trouver ! Car il ne suffit pas d'appuyer sur un bouton pour atterrir dans les options de Technolust, il faut en fait trouver des cabines téléphoniques qui feront aussi office de point de sauvegarde et de téléportation. Hélas, aucune option sonore dans ce menu. Tourner à 180 degrés (à faire avec la tête, pas très pratique quand on joue assis) vous permettra néanmoins de changer l'option de rotation du jeu et de choisir une rotation plus traditionnelle, qui se fait à la base par à-coup d'environ 45 degrés.

D'ailleurs, des cabines téléphoniques dans le futur, ça pourrait sembler bizarre ? Oui, mais en fait, dans le monde de Technolust, ça n'est pas vraiment étonnant, car le jeu va prendre un malin plaisir à mixer des éléments du futur avec d'autres rappelant plutôt les années 80. Vous trouverez donc notamment des cabines téléphoniques, mais aussi des VHS, ou encore des bornes d'arcades qui ne seront pas seulement là pour faire joli, mais qui donneront lieu à des mini-jeux bien en 3D, mais tous aussi maladroits que peu inspirés. 

Néo découvre le rétrogaming (suivi de Néo prend le métro)

La direction artistique est clairement le point fort du jeu (Ici un Chinatown Rétro-Futuriste)
La direction artistique est clairement le point fort du jeu (Ici un Chinatown Rétro-Futuriste)
On a donc droit par exemple à un jeu de tir qui demandera de faire tomber des figurines dans une sorte de maison hantée. Après, le jeu étant plutôt laid et la physique de la balle buguée, l'envie de faire exploser le high score ne s'est pas faite ressentir chez moi. Il y a aussi une mauvaise copie d'Hotline Miami, un clone boiteux de Tetris, et un Space Invaders mou du genou. Le plus réussi de ces mini-jeux restera Kerser, qui vous demandera de piloter un vaisseau pour lui faire éviter des immeubles à toute vitesse, ce mini-jeu ayant d'ailleurs eu droit à son adaptation à part entière sur le Gear VR. Ce passage avec les bornes d'arcade vous demandera de battre au moins un des high score sur la borne d'arcade de votre choix pour avancer dans l'histoire.

Le reste du jeu vous fera au final vous balader à droite et à gauche, parler à des personnes inintéressantes et très mal modélisées, l'occasion d'admirer des échelles totalement loupées, aussi bien bien pour les personnages que pour les objets. L'ennui ne durera cependant pas trop longtemps, l'aventure se finissant globalement en un peu plus d'une heure. Enfin, normalement, car j'ai personnellement rencontré de nombreux bugs, toujours dans les phases de hacking. Elles se passent dans un environnement virtuel, et vous feront incarner un personnage féminin en vue de haut qui devra affronter des ennemis avec soit un pistolet, soit des grenades, soit un bon vieux coup de pied (Dans Technolust aussi je met les pieds ou j'veux). Hélas, j'ai été victime d'un bug qui fait que le personnage rechargait son arme à l'infini, rendant le tir impossible. Ajouté à un autre bug qui fait que le personnage ne peut pas enjamber les corps des ennemis vaincus, et ils se trouvent bien souvent en plein milieu d'une porte, j'ai obtenu des phases qui ont prolongé mon aventure sans raison et l'ont rendu incroyablement frustrante.
 
Test - Technolust : Boring Runner... - 12

Le verdict

RÉALISATION
La réalisation de Technolust doit beaucoup à sa direction artistique, permettant aux quelques fans de Blade Runner et autres œuvres SF prenant place dans un futur extrêmement sombre de s'immerger plus que jamais dans ce genre d'univers.
Hélas, si cette dernière tient la route, il en est tout autre pour sa technique. Les échelles en particulier sont totalement loupées, et tout vous semblera trop grand, des objets jusqu'aux personnages. L'optimisation n'est pas parfaite, car j'ai remarqué de nombreuses baisses de performance au court de mon aventure alors que j'ai la configuration recommandée par Oculus.
JOUABILITÉ
La jouabilité de Technolust est vraiment son plus gros point faible. Il n'y a pas vraiment de problème avec les phases se déroulant dans le monde réel, qui ne vous demanderont de toute façon rien d'autre que de faire des aller-retour pour discuter avec différents personnages ou ramasser diverses cartes de sécurité. C'est dans l'univers virtuel que les problèmes se posent. Les phases de hacking, pouvant faire penser à Hotline Miami, sont non seulement buguées, mais aussi très mal pensées, molles, et sans aucun fun. Les divers mini-jeux présents sous forme de borne d'arcade sont aussi très mal réalisés, et Technolust ne réussit pour ainsi dire jamais à procurer un quelconque amusement au joueur. 
SON
L'environnement sonore de technolust est plutôt bien retranscrit, mais les voix des personnages posent par contre de vrais problèmes de compréhension. Elles sont non seulement presque toutes robotisées, mais elles sont en plus beaucoup trop faibles la plupart du temps par rapport aux bruits ambiants, ce qui les rend incompréhensibles. Les quelques musiques du jeu rattrapent heureusement le tout, bien composées et parfaitement adaptées à l'univers du jeu. Mention spéciale à la composition de fin.
DURÉE DE VIE
1 h 45, c'est le temps qu'il m'a fallu pour finir Technolust, et encore, en prenant en compte les nombreux bugs que j'ai rencontrés pendant mes phases de hacking. Sans les bugs, la durée de vie réelle doit être bien plus proche de 1 h, ce qui fait cher payé pour une expérience vendue à 19,99 €. Pour les amateurs d'easter eggs et d'objets cachés, vous pourrez tout de même vous amuser à fouiller les niveaux en quête de divers objets collectionables comme des parties de corps de cyborg... Oh mon dieu, trop de fun ؟
IMMERSION
L'immersion dans Technolust va fortement dépendre de l'attention que vous pouvez porter aux détails. Quand on entre dans un nouvel environnement de Technolust et qu'on se laisse happer par sa direction artistique, l'immersion est là, et il n'y a rien à redire. Mais c'est dès que l'on va se concentrer sur les détails que les choses vont poser problème, avec avant tout de gros problèmes d'échelles, mais aussi des modélisations de personnages vraiment pas terribles. Vous allez donc probablement passer votre temps à gagner et à perdre le fameux sentiment de "présence".
 
NOTE GÉNÉRALE
  40/100
Technolust, qui s’était présenté à nous à l'époque en tant que démo très sympathique sur le DK1, se retrouve 2 ans plus tard sous la forme d'une expérience bien décevante. Entre une histoire sans grand intérêt, quelques bugs et surtout un fun inexistant, elle n'a pas grand chose pour elle à part une direction artistique qui sauve l'expérience du désastre. L'aventure reste courte et les lieux à parcourir sont peu nombreux, ce qui fait que même le plus grand fan de l'oeuvre de Ridley Scott se retrouvera probablement bien vite déçu, surtout après avoir déboursé 20 euros pour y jouer. L'aventure de Technolust aurait au final peut être été plus convaincante sous une forme plus "cinématique", interactive ou non, mais dans sa forme actuelle, elle est d'un grand ennui.
Technolust sur ETR Apps
Technolust est présenté comme un roman visuel intéractif,et se déroule dans un univers cyberpunk où les entreprises contrôlent le monde. Vous incarnerez un rebelle tentant de percer le mystère des suicides en masse.
Avis ETR


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