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Test - Dark Days : vous aimez les "Jump Scare" ? Vous allez être servis !

Publié par
 @NiK_ETR
le 11/08/2016 à 19:41
Le "Jump Scare" est un procédé cinématographique qui consiste à faire sursauter le spectateur. Aux premières heures de l'Oculus Rift DK1, les développeurs ont tout de suite compris que ce procédé serait d'autant plus efficace en réalité virtuelle avec un son spatialisé et une immersion à 360°. Et effectivement, ça l'est ! À tel point qu'en début d'année, Oculus conseillait chaudement aux développeurs de ne jamais faire de jumpscare en VR. Alors, quand le studio français Parallel Studio s'associe à Oculus Studios pour sortir un jeu dont le cœur du gameplay repose en très grande partie sur ce procédé, on peut dire que c'est surprenant... Mais le choix de soutenir ce jeu est finalement tout à fait compréhensible, Dark Days est une vraie réussite sur Gear VR !
Le menu, un bureau, la simplicité...
Le menu, un bureau, la simplicité...

Une interface minimaliste efficace

Pas de grosse prise de risque des développeurs pour l'interface de Dark Days. On se retrouve face à un bureau, grand classique des menus d'accueil en réalité virtuelle. La pièce est plongée dans la pénombre, impossible d'en voir les limites si ce n'est une fenêtre face à nous. Des appareils des années 80 sont disposés sur le bureau et un moniteur déroule les instructions de gameplay au touchpad : cliquer sur un élément pour l'observer ou intéragir, glisser le doigt vers le bas pour se baisser, glisser vers le haut pour se relever, ces informations seront rappelées tout au long du jeu. À droite, les commandes à la manette flottent dans les airs pour informer ceux qui préfèrent un contrôleur. Un petit drapeau posé sur l'écran permet de changer la langue, une machine à écrire permet de lancer la partie et des cassettes VHS viendront s'ajouter au fil du jeu pour rejouer des chapitres. D'ailleurs, je n'ai pas vraiment compris pourquoi elles n'étaient pas finalement disposées dans l'ordre chronologique de l'aventure ?

Notons derrière le joueur une petite arrière salle qui permettra d'écouter le contenu des bandes magnétiques que vous pourrez trouver au fil du jeu pour en apprendre un peu plus sur les origines de l'histoire. Il n'y aura pas beaucoup plus d'éléments d'interface et finalement, on s'en porte pas plus mal. C'est simple à appréhender et efficace.
 

Une aventure cinématographique

Le motel lugubre perdu au milieu du désert typique du film d'angoisse
Le motel lugubre perdu au milieu du désert typique du film d'angoisse
Comme le laissait supposer le menu, l'aventure se déroule à la fin des années 80, en novembre 1989 plus exactement. Elle débute dans un véhicule qui roule dans la Vallée de la Mort (ça promet !) sur une route désertique partant vers Las Vegas . Nous découvrons alors que nous incarnons Jade Lacroix, une romancière qui a visiblement décidé de se ressourcer en faisant un break avec son quotidien et en laissant derrière elle sa petite amie, Tara. Le doublage de Jade intégralement en français est d'excellente qualité et nous permet de rapidement nous rapprocher et comprendre l'état d'esprit de notre personnage. La radio se met à diffuser un message expliquant une disparition d'une certaine jeune fille nommée Crystal et agée de 23 ans qui séjournait dans le Motel 9. Cela tombe bien, après une première rencontre inattendue, devinez où notre héroine a décidé de s'arrêter pour la nuit ? Le Motel 9 bien entendu.

Nous arrivons alors à ce fameux motel, très lugubre, tout droit sorti d'un vieux thriller américain. Le néon rouge de l'enseigne clignote, la vitre de la cabine téléphonique est brisée, les stores sont en piteux états, presque autant que le réceptioniste qui vient nous demander notre carte d'identité quand on sonne à la clochette. Après un aller retour à la voiture qui nous permet de nous familiariser avec le système de déplacement par téléportation, Jade fini par obtenir sa chambre et vit sa première nuit... agitée. Une entité cauchemardesque a visiblement décidé de jeter son dévolu sur notre chère écrivaine et va la suivre tout au long de l'aventure, en apparaissant subtilement ici et là, ne manquant pas de nous faire sursauter à chaque rencontre.

Nous n'en dévoilerons volontairement pas d'avantage sur l'aventure pour vous laisser la joie de la découvrir chapitre par chapitre. L'aspect naratif du jeu est très poussé. Avec environ 3h de jeu pour les 5 épisodes que compte l'aventure, on a véritablement l'impression d'avoir vécu un morceau de l'histoire de Jade : son enquête dans le motel mais également des passages importants de sa vie de couple grâce à des flashback. Les habitués de ce type d'aventure comprendront peut-être le final un peu avant l'heure mais dans l'ensemble cette histoire qui mélange complot et science-fiction est réussie. Sachez simplement que le motel ne sera pas l'unique décor du jeu, certaines scènes vous enfonceront un peu plus dans le désert.
 
Des scènes sont assez impressionnantes techniquement... et flippantes
Des scènes sont assez impressionnantes techniquement... et flippantes

Techniquement, ça tient la route.

Les développeurs ont cherché un style graphique plutôt réaliste bien que peu détaillé et avec peu de polygones pour garantir une certaine fluidité à l'expérience qui tourne sur smartphones rappelons-le. Cela fonctionne d'ailleurs plutôt bien même si on regrette malgré tout quelques baisses de framerate lorsque des personnages sont à l'écran ou, paradoxalement, dans certaines scènes désertiques. Le style graphique permet d'assez bien se projetter dans l'aventure tout en restant assez éloigné du photoréalisme pour ne pas tomber dans la vallée dérangeante. On regrettera peut être simplement un manque de travail sur les animations faciales des quelques protagonistes rencontrés. Au niveau des décors, on alternera finalement entre certaines scènes vraiment très belles comme l'arrivée au Motel et parfois des décors très vides et moins travaillés. Pour les plans lointains, plutôt que de les flouter, les développeurs ont préféré s'arranger sur le level design pour ne pas les faire apparaitre du tout. Un choix plutôt judicieux, car cela brise moins l'immersion qu'un fond complètement flou.

Du côté de l'ambiance sonore, c'est un quasi sans faute. Les bruitages sont crédibles, le vide pesant du désert est bien retranscris dans les sonorités de vent et les bruits qui annoncent la présence de l'entité maléfique qui va vous suivre tout au long de l'aventure sont très stressants. Mention spéciale aux musiques oppressantes de Nicolas Bredin qui collent parfaitement à l'univers. Seul petit repproche : l'omnipresence du doublage de Jade pourtant très réussi qui alterne admirablement bien entre l'angoisse et l'humour au second degré mais qui prend la parole de façon presque permanente, ce qui nous sort parfois du personnage.
 
Un Escape Game dans les règles de l'art
Un Escape Game dans les règles de l'art

Un gameplay entre Escape Game, Point'n Click et jeu d'horreur

La séquence qui suit la première nuit dans le motel va tout de suite dévoiler ce qui constitura la quasi-totalité du gameplay de l'aventure quand il ne s'agira pas de simples phases d'exploration. En gros : vous êtes enfermés dans une pièce et vous devez trouver comment en sortir. Pour cela, le jeu reprend les codes du genre Point'n Click : vous observez tous les objets, vous essayez de comprendre comment ils intéragissent les uns avec les autres en suivant parfois quelques indices lâchés en voix-off par Jade et vous cherchez une issue. La possibilité de se baisser, pour trouver des clés cachées sous une table ou dans des tiroirs est très efficace et donne le sentiment d'être au milieu d'un véritable Escape Game pour ceux qui ont déjà tenter l'expérience en vrai. À la différence qu'ici, vous n'êtes pas seul dans la pièce et qu'une entité va venir vous enquiquiner une peu (beaucoup ?) trop souvent et qu'il faudra alors trouver une cachette pour échapper à la mort. C'est d'ailleurs peut-être ce dernier point que je repprocherai le plus au jeu. Oui, les Jump Scare, c'est sympa. Oui, c'est très efficace dans ce type d'histoire et cela apporte véritablement à l'expérience. Mais non, il ne faut pas en mettre toutes les cinq minutes, sinon cela perd tout son intérêt et on fini par s'y habituer et ne plus avoir peur du tout pour les plus courageux (le comble). Pire, cela risque de rebuter complètement les personnes qui y sont sensibles et qui n'oseront plus avancer dans l'histoire.

Le verdict

RÉALISATION
L'expérience est visuellement réussie pour un jeu limité par les performances du smartphone. Certains plans sont dans les plus belles réalisations que j'ai pu voir sur le Gear VR. D'autres sont par contre un peu plus vides. On regrette parfois quelques baisses de fluidité qui se font ressentir en particulier dans les scènes animées. Les personnages manquent un peu de vie, surtout dans leurs expressions faciales.
SON
Doublages très réussis (et en français), bruitages bien choisis et musiques qui collent parfaitement à l'ambiance du jeu. C'est un quasi sans faute pour Dark Days sur l'aspect audio. On regrettera peut-être simplement l'omniprésence du doublage en voix-off de Jade qui casse l'immersion dans certaines scènes angoissantes.
JOUABILITÉ
On pointe, on clique, on fait glisser le doigt vers le bas pour se baisser. C'est intuitif et on n'en demande pas plus pour le Gear VR. La téléportation en cliquant sur les flèches qui marquent les points de destination est efficace.
Dommage que le gameplay finisse assez rapidement à tourner en rond (on cherche des clés, des cartes ou des codes et on sort de la pièce). On aurait aimer d'avantage d'énigmes pour maintenir un peu plus de diversité.
DURÉE DE VIE
Avec cinq épisodes qui pourront nécessiter facilement 30 minutes à une heure chacun pour résoudre les énigmes et trouver les bobines bonus, on en a rapidement pour son argent, le jeu étant affiché à un tarif conseillé de 7,99 €.
IMMERSION
Les spécications techniques du Gear VR impliquent des choix dans la réalisation qui ne peut sans doute pas être aussi réaliste que ce que les auteurs auraient souhaité. Mais cela n'a pas grande incidence au final. On se sent immergé dans cette aventure originale et intriguante. Les décors d'époque fin des années 80 sont très crédibles et les expériences horrifiques en réalité virtuelle, ça fonctionne ! On se laisse souvent surprendre par cette entité malveillante qui donnera quelques sueurs froides, même aux joueurs les plus courageux.
 
NOTE GÉNÉRALE
Dark Days est une excellente surprise sur Gear VR. La double narration entre les scènes de vie de Jade en couple avec Tara et son aventure lugubre dans le Motel 9 motive le joueur à avancer toujours d'avantage dans un jeu qui pourrait pourtant en terrifier plus d'un, en particulier ceux qui craignent les jump scare (un peu trop nombreux d'ailleurs). La réalisation est de bonne facture et l'ambiance sonore est dans ce qui se fait de mieux sur le casque de Samsung. Le jeu est par ailleurs assez long pour qu'on puisse s'attacher aux personnages et chercher à comprendre tout ce qui a pu se passer dans ce désert indien.

Si vous n'avez pas peur des entités maléfiques qui apparaissent ponctuellement juste derrière votre nuque, vous pouvez vous laisser tenter sans hésitation par ce petit jeu qui vous fera passer quelques moments bien sympathiques (ou horrifiques...).


Tag(s) associé(s) : Software, Samsung Gear VR, Test
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