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Test - Eagle Flight, ou comment se prendre pour un aigle en réalité virtuelle... sans motion sickness

Publié par
 @kris7277
le 19/10/2016 à 18:51
La plupart des gros studios indiquent qu'ils sont intéressés par la réalité virtuelle, mais qu'ils préfèrent attendre que le marché soit plus gros avant de se lancer. Heureusement, ils ne sont pas tous aussi frileux car Ubisoft semble réellement y croire et compte sortir plusieurs jeux d'ici la fin de l'année. Eagle Flight est un de ces jeux et on était nombreux à l'attendre. Alors, pari réussi ?
Eagle Flight n'était au début qu'une démo pour les salons relativement limitée et censée vous mettre dans la peau d'un aigle de Assassin's Creed Unity. Elle aurait tellement convaincu que Ubisoft a décidé d'en faire un jeu complet se déroulant dans Paris 50 ans après le départ des humains. Ici, vous vivrez les aventures d'un petit aigle, qui découvrira la vie petit à petit. Le titre possède aussi un mode multi-joueur mais surtout un système anti motion sickness (cinétose) qui est plutôt efficace, mais un peu gênant par moment.

I believe i can flyyy

Attention aux passages étroits !
Attention aux passages étroits !
Pour commencer, il faudra apprendre à voler dans Eagle Flight. Non, vous n'allez pas avoir à bouger vos bras pour faire semblant de voler, vous serez constamment en train de voler et toutes les nuances de gameplay se trouveront dans la maîtrise des rotations et des changements de vitesse (gâchette gauche pour ralentir, droite pour accélérer). Pour bouger, il faudra incliner sa tête sur la gauche et sur la droite afin d'aller dans la direction voulue. Pas tourner, incliner la tête. J'ai mis un moment avant de comprendre et maîtriser les rotations, mais une fois que c'est fait, le gameplay est vraiment agréable et parfaitement maîtrisé. Eagle Flight se joue presque comme une sorte de jeu de voiture très étrange et il faudra aussi maîtriser la vitesse de sa course pour prendre les virages serrés en évitant de se prendre un mur, ou au contraire prendre les courants d'air et faire des "piqués" pour aller encore plus vite. D'ailleurs, c'est là qu'on voit le potentiel d'empathie de la réalité virtuelle, car si vous avez déjà rigolé comme moi quand un pigeon s'est écrasé contre une vitre ou un mur, une petite séance d'Eagle Flight vous fera comprendre que voler dans les airs à travers des bâtiments, c'est bien plus complexe qu'on ne pourrait le croire.

Le coté
Le coté "Open World" du titre est très agréable et fonctionne bien en VR
Coté univers, les développeurs ont choisi d'utiliser Paris comme base pour l'environnement. Bien sûr, on est loin d'être sur une reproduction fidèle, mais on retrouve le coté très "tassé" de la ville, avec des bâtiments de partout, des chemins étroits et la fameuse Tour Eiffel. Si voler dans les airs peut paraître un peu ennuyeux au début, cela devient tout de suite plus intéressant dès lors qu'on va devoir emprunter les chemins beaucoup plus étroits. Le jeu est proposé sous une forme un peu similaire à celle de Assassin's Creed, un autre jeu d'Ubisoft, car il est "open world", avec la possibilité de voler librement dans Paris et il faudra se rendre à des "points d'intérêts" pour lancer un défi ou une mission de l'histoire. L'origine du jeu en lien avec Assassin's Creed se fait d'ailleurs ressentir sur d'autres éléments, comme les bruitages et les musiques qui font fortement penser à la licence d'Ubisoft.

Le jeu est rempli de défis avec des scores à améliorer
Le jeu est rempli de défis avec des scores à améliorer
Alors qu'il paraîtra plutôt limité au début, on finit par se rendre compte au fur et à mesure que Eagle Flight est plutôt fun et propose des défis intéressants. Attention par contre, car il ne s'agit ni d'un jeu d'aventure, ni d'un jeu de plateforme ! Le titre se joue un peu à la manière d'un jeu de voiture "open world" comme The Crew, avec des parcours à terminer en obtenant le meilleur score possible, des défis à débloquer et des éléments à collectionner. Le contenu est donc assez conséquent si vous êtes du genre à vouloir remplir tous les défis, mais pourrait paraître très répétitif pour certains. Il faut aimer faire des "courses", débloquer des défis et améliorer son score, sinon une fois le mode histoire terminé, vous allez vite vous ennuyer.

Un concept simple mais parfaitement maîtrisé

Le mode multijoueur, bien que très réussi, est difficilement accessible actuellement
Le mode multijoueur, bien que très réussi, est difficilement accessible actuellement
Il y a deux type de "courses" seront proposés : La course classique, où il faudra se rendre à la fin le plus vite possible et celle avec des ennemis qu'il faut vaincre. Cette dernière variera selon les situations, car parfois on vous demandera de tuer tous les ennemis grâce à votre onde sonique, tandis qu'à d'autres il faudra escorter un aigle blessé jusqu'à la fin du niveau. Personnellement, j'ai trouvé ces missions un peu moins intéressantes que les courses classiques, car il faudra très souvent bouger la tête dans tous les sens pour viser les ennemis. Il y a aussi un mode multijoueur très intéressant très "capture de drapeau" qui remplace le drapeau par une "proie". Il est très bien conçu et vraiment fun, mais j'ai du attendre environ 20 minutes deux fois avant de trouver la moindre partie. Je ne sais pas si c'est un bug ou si les serveurs sont réellement déserts, mais cela semble étrange tout de même. J'espère que la situation se sera amélioré d'ici la sortie du titre sur PSVR et Vive, car il s'agit d'un des points forts du titre.

Cher papa noël...
Cher papa noël...
Mais niveau immersion, ça donne quoi vous allez me dire ? Est ce qu'on se prend vraiment pour un oiseau ? Et bien pour ma part, pas vraiment. Si vous me connaissez un peu, vous savez alors que je suis extrêmement exigeant sur l'immersion et Eagle Flight ne risquait pas de me mettre une baffe immersive. Pour commencer, on vole dans Eagle Flight, alors qu'on ne vole pas en vrai vu qu'on est simplement statique. Il était évident donc que je n'allais pas avoir "l'impression" de voler, moi, qui ait besoin que tout soit 1:1 (mouvements parfaitement calés sur la réalité) pour ressentir la présence. Après, ça ne sera pas forcément le cas pour tout le monde et il est possible que certains d'entres vous parviendront vraiment à se sentir pleinement immergés. Une autre solution serait de concevoir une solution entièrement pensée pour simuler le vol d'un oiseau. Oui, ça parait un peu farfelu, mais ça pourrait être absolument excellent et j'ai même envisagé l'idée pendant quelques secondes. Avouez-le, ça serait génial !

L'effet 3D et la netteté donnent un rendu vraiment magnifique par moment
L'effet 3D et la netteté donnent un rendu vraiment magnifique par moment
D'ailleurs, les développeurs de Eagle Flight ont fait un quasi sans faute sur la réalisation puisqu'ils ont choisi de sacrifier les effets visuels et la fidélité globale pour proposer un rendu propre, agréable à l'oeil en VR et extrêmement net. Les graphismes vont donc paraître très "basiques" pour un jeu de 2016, mais les couleurs sont parfaitement adaptées / agréables en VR, le HUD est bien intégré et l'effet 3D est très présent. Je tiens donc à les féliciter, car la plupart des "gros" développeurs se plantent complètement d'habitude sur cet aspect là en VR et font à peu près tout ce qu'il ne faut pas faire (flou omniprésent, effets aveuglants/moches qui passent mal en VR, stéréoscopie inexistante) tout ça pour proposer des graphismes "réalistes/poussés". Chapeau donc.  On pourrait juste déplorer l'utilisation de vidéos 360° basse qualité en guise de cinématique, car ça casse l'effet "parfait" du rendu visuel du jeu de base et ça ne marche juste pas. Heureusement, elles sont très peu nombreuses, donc ne gêneront pas vraiment au final.

La réduction du FOV et les avertissements apparaîtront trop souvent malheureusement
La réduction du FOV et les avertissements apparaîtront trop souvent malheureusement
Le seul problème concerne le système anti motion sickness, qui, bien que très efficace et même indispensable pour certains, viendra réduire l'immersion sur plusieurs points. Pour commencer, il n'est pas désactivable. Il réduit le champ de vision lors des situations pouvant provoquer de la cinétose (rotations, travelling de bâtiments sur le coté en cas de proximité) mais seules les rotations pourront être "réduites" sans être totalement désactivables. Étant peu sensible à la cinétose (j'ai enfin mes jambes VR !!), avoir forcé le système est plus un frein à l'immersion qu'autre chose pour moi, surtout lorsqu'on est près des bâtiments car l'effet 3D très présent aurait vraiment pu renforcer l'immersion. De plus, le jeu n'arrête pas de vous indiquer qu'il "est plus confortable de tourner la tête en l'inclinant" lorsqu'on se met à tourner la tête. C'est très gênant, car oui monsieurs/mesdames d'Ubisoft, j'ai bien compris, mais laissez moi tourner la tête si j'en ai envie ! C'est dommage, car par moment les effets d'accélération sont absolument saisissants. Après, les développeurs ont indiqué qu'ils "écoutaient les suggestions de la communauté" lorsqu'un utilisateur leur a remonté le problème, donc a mon avis , ça sera vite réglé.

Enfin, le jeu globalement est relativement simple, mais la formule est parfaitement maîtrisée et on est rarement "frustré" par un élément du jeu en particulier. Tout comme avec Serious Sam VR, on sent que les développeurs sont doués dans ce qu'ils font et qu'ils ont l'habitude, ce qui est très agréable. Après, il y a la question du prix, qui est vraiment élevé pour un jeu VR. Et effectivement, certains utilisateurs resteront sur leur faim, car on est pas face à un "gros jeu" non plus. Eagle Flight est agréable, bien réalisé, bien conçu mais risque de ne pas satisfaire tout le monde pour 40 euros, particulièrement les habitués du roomscale. Personnellement, vu les difficultés pour jouer en multi, je trouve ça un poil trop cher et j'aurais préféré que le titre soit proposé à 30 euros, voire un peu moins. Après, il y a des titres VR qui font bien pire niveau tarif et c'est vraiment agréable d'être face à un contenu aussi bien "fini/polishé". Il y a quand même pas mal de choses à faire et on s'amuse vraiment passé les premières missions donc à vous de voir si vous êtes prêts à payer le prix pour avoir un produit "fini".
 
Test - Eagle Flight, ou comment se prendre pour un aigle en réalité virtuelle... sans motion sickness - 9
RÉALISATION
Eagle Flight fait presque un sans faute sur la réalisation. Les développeurs du jeu n'ont pas fait les mêmes erreurs que la quasi totalité des autres "gros" développeurs et ont parfaitement compris ce qu'il faut faire en VR. Ils ont fait le choix visiblement jugé "risqué" par les gros studios de proposer des graphismes très "petit jeu Unity" pour améliorer ce qu'il faut en VR : la résolution, l'effet 3D et le confort visuel. Les environnements vont vous paraître très sommaires au début, mais vous apprécierez vite la "propreté" du rendu visuel et c'est dommage d'avoir un peu terni ça en forçant le système anti motion sickness et les messages d'avertissement.
JOUABILITÉ
La jouabilité de Eagle Flight est bien conçue et plutôt bien maîtrisée. Le système de rotation fonctionne étonnamment bien et le tout répond parfaitement, ce qui fait qu'on peut vraiment se mettre à essayer de s'améliorer sans être frustré par les limitations de la VR. Il est même possible par exemple de faire un "piqué" pour gagner en vitesse et ces petites nuances font que le titre peut être réellement compétitif.
SON
Eagle Flight ne se démarque pas vraiment niveau effet 3D sonore. Il est bien présent, mais il ne fait pas plus que la plupart des titres et l'effet est peu marqué. Après, sa bande sonore très "Assassin's Creed-esque" est vraiment réussie, avec de jolies compositions agréables qui accompagnent bien votre aventure.
DURÉE DE VIE
La durée de vie de Eagle Flight est sûrement le point de faible du titre, car il est relativement cher. Il y a pas mal de contenu et son mode multijoueur est vraiment fun, mais actuellement, ce dernier n'est pas vraiment exploitable car j'ai du attendre plus de 20 minutes deux fois pour réussir à trouver la moindre partie. Certains resteront donc sur leur faim et risquent de trouver le contenu proposé un peu léger vu le prix du jeu.
IMMERSION
Au niveau de l'immersion, c'est un peu mi figue/mi raisin. Il était évident que l'immersion n'allait pas être aussi poussée que sur un jeu roomscale avec des mouvements parfaitement calés à la réalité, mais le choix d'avoir forcé les éléments réduisant le mal de la VR empêche d'être aussi immersif qu'il aurait pu l'être. C'est dommage, car c'est probablement un des concept de jeu "manette" à la première personne les plus immersif qu'il m'a été donné de tester, donc espérons que les développeurs régleront ça avec une mise à jour.
 
NOTE GÉNÉRALE

​Eagle Flight est un jeu très bien fini qui est bien maîtrisé. On sent que les développeurs possèdent du talent, qu'ils sont expérimentés et surtout passionnés par la réalité virtuelle, ce qui est vraiment agréable. Tout est relativement bien pensé, rien ne frustre et la formule fonctionne très bien en VR. Après, il reste un peu trop cher à son tarif actuel (40 euros) et quelques petits défauts viennent ternir le tableau. En tout cas, si vous cherchez un titre bien fini, aimez les jeux de course et n'êtes pas refroidis par le prix, alors vous ne regretterez sûrement pas votre achat.


Tag(s) associé(s) : Application, Oculus Rift, Test
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