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Test - Playstation VR Worlds : La compil de l'automne ?

Publié par
le 25/10/2016 à 20:28
London Studio, studio interne de Sony Interactive Entertainement et notamment à l'origine de titres comme The Gateway, EyeToy, Singstar ou encore EyePet nous revient cette fois ci avec Playstation VR Worlds, une compilation de 5 jeux censés nous démontrer les capacités du dernier joujou hi-tech de Sony. Alors, pari réussi? A vrai dire il est assez dur de répondre à cette question sans revenir séparément sur chaque expérience.

C'est l'heure du bain

Franklin la tortue, l'une de vos rencontres aquatiques
Franklin la tortue, l'une de vos rencontres aquatiques
Ocean Descent est l'expérience la moins interactive des 5. A vrai dire, elle s'apparente plus à un court-métrage d'animation en VR plutôt qu'à un jeu. Vous serez ici enfermé dans une cage de plongée qui descendra dans les profondeurs de l'océan en s'arrêtant à diverses étapes pour vous laisser profiter de la faune et de la flore locale. Votre descente s'accompagnera des commentaires de votre équipe restée bien au chaud sur le bateau, que vous pouvez d'ailleurs observer en levant la tête au début de l'expérience. Le final vous réservant un petit moment privilégié avec un requin blanc qui vous confond de toute évidence avec un apéricube.

L'expérience est immersive, graphiquement propre et plutôt jolie. Elle est malheureusement assez courte (environ un quart d'heure) et plutôt passive sur les premières minutes avant que le final vienne rajouter un peu de piment à votre aventure. Parfaite donc pour faire découvrir la VR à un néophyte des loisirs vidéo-ludiques puisqu'elle ne demande aucune compétence particulière, si ce n'est de savoir regarder autour de soi. Mais pour des joueurs aguerris, passé la découverte, vous risquez de l'oublier vite...

Pong version 3.0 next generation

pim, pam, poum, etc...
pim, pam, poum, etc...
Danger Ball est pour moi une vraie petite surprise. Je n'en attendais absolument rien et force est de constater qu'en plus d'être l'expérience qui s'apparente le plus à un jeu video, elle est également la plus propre visuellement en plus d'être assez addictive.

Le principe est simple, il s'agit d'une version remasterisé de Pong en 3D où vous dirigez votre "raquette" grâce à l'orientation de votre tête et aurez même la possibilité d'y mettre quelques effets pour déstabiliser votre adversaire. Mais principe simple ne rime pas forcément avec jeu facile et à ce niveau il est assez appréciable de constater que Danger Ball peut proposer un challenge assez relevé. Un jeu qui aurait pu être appréciable en multijoueur, mais malheureusement vous ne pourrez vous confronter qu'à l'IA (6 profils qui ont des habilités unique).

Le jeu propose 3 modes de jeu: 
- Tournoi: Vous devez enchaîner 6 adversaires afin de remporté le tournoi, une défaite et c'est le Game Over
- Match rapide: disputez un match unique contre l'IA de votre choix.
- Point en cascade: visez les cibles pour engranger le maximum de point avec seulement 3 vie et votre balle accélérera au fil du temps.

Jeu de mains, jeu de vilains

Fusillade sur l'autoroute, une activité qui gagne à se démocratiser
Fusillade sur l'autoroute, une activité qui gagne à se démocratiser
The London Heist constitue l'un des plus gros morceau de cette compilation. Vous y incarnez un malfrat tout droit sorti d'un film de Guy Ritchie et débutez l'aventure face à une armoire à glace qui semble à la recherche de son joli "caillou". Ce dernier mettra tout en oeuvre pour vous interroger afin de le retrouver. A partir de là, vous revivrez toute les étapes qui vous auront conduit à cette situation. 

Graphiquement, l'expérience est relativement honnête et se paye même le luxe d'avoir des personnage plutôt convaincants et très bien animés. Elle est la seule expérience de cette compilation à proposer un gameplay aux PS Move et à faire découvrir les joies de la manipulation d'objets dans un environnement virtuel. Recharger, fouiller, attraper, lancer et même fumer, toute manipulation en jeu devient naturelle et intuitive grâce aux motion controllers.

Le tracking de vos mains répond plutôt bien et est relativement précis mais pensez à bien dégager votre espace de jeu sous peine d'avoir quelques décrochages à cause de l'occlusion. De même que passer vos mains devant le casque pour viser une cible provoquera un décrochage de l'image assez désagréable (dans l'action on ne fait pas forcément attention). Même si tout fonctionne correctement on sent la limitation du choix de l'unique caméra pour capturer de nos mouvements. A noter que même si vous perdrez un peu en immersion, jouer avec une simple Dualshock 4 est tout à fait possible et fonctionne d'ailleurs relativement bien, mais vous n'aurez plus qu'une seule main en jeu et perdrez quelques fonctionnalités comme le rechargement de vos armes par exemple.

The London Heist est malheureusement très court (environ une demi heure), encore une fois, et seul 2 "niveaux" sur les 6 vous proposeront de participer à des gunfights.
Cependant, pour éviter la frustration, on aura quand même accès hors de l'aventure à un stand de tir avec 4 épreuves différentes avec au choix l'assistance à la visée ou non. (comprenez par là : avec ou sans laser de visée)

Planche à roulettes, planche à roupettes

Ne jamais faire la sieste sur un skate
Ne jamais faire la sieste sur un skate
Le principe de Luge VR, la quatrième expérience de PlayStation VR Worlds est simple : vous êtes allongé sur une luge à roulettes et devez dévaler la route en évitant la circulation, en prenant l'aspiration derrière les voitures et en passant sous les camions, tout ça en penchant simplement la tête dans le but de faire le meilleur temps possible.

Niveau jeu, je n'irai pas jusqu'à dire que celui-ci est totalement loupé, mais à vrai dire il est difficile de lui trouver des qualités... La sensation de vitesse est vraiment timide, le tracking, même en étant allongé sur son canapé, ne nous permettra jamais d'être dans la même position qu'à l'écran, les tracés au nombre de 4 sont en fait tous identiques (de jour ou de nuit, juste quelques bifurcations sur chemin de terre), les dos d'ânes allégeront l'estomac de certains et pour finir le gameplay est finalement assez insipide...

Vaguement rigolo la première fois, essayer de finir la descente complète (enchaîner les 4 descente dans un temps donné) devient vite un calvaire tellement le défi est ennuyant...
Personnellement, j'ai tenté de m'y amuser... En vain...

Dans l'espace, personne ne vous entendra vomir...

Le dératiseur de l'espace
Le dératiseur de l'espace
L'autre gros morceau de cette compilation, c'est Scavergers Odyssey. On y incarne un alien bleu, aux commandes d'une araignée mécanique cosmo-galactique secondé par une IA un peu bavarde où votre principale occupation sera de jouer à l'exterminateur de vermines spatiales. On aura la possibilité de tirer grâce à l'orientation de notre tête, d'attraper/jeter des objets, de faire des sauts "étourdissants" (pleins, pleins, pleins...) et de marcher sur les murs.

Le titre, qui aurait pu être intéressant, est le le plus long mais aussi le plus loupé de la compilation. Même si la position de notre avatar est réussie et nous permet de nous immerger un peu plus dans l'expérience, le jeu a réussi à compiler un certain nombre de choses qu'il faut pourtant éviter de faire en VR : une vitesse de déplacements trop brusque et rapide, une rotation au stick droit, des pertes de repères en permanence... Il fini même par nous secouer comme un shaker avec ses sauts rotatifs... Moi qui ne suis pourtant pas sujet au motion sickness, je dois reconnaître que celui là m'a un peu trop retourné le cerveau et m'a forcé à faire des pauses régulières avant de parvenir à la fin du périple.

Scavergers Odyssey n'est en plus pas bien passionnant et ne proposera aucun challenge, si ce n'est de tirer comme un dératé sur des armées de cloportes aliens en évitant de faire surchauffer ses canons. On notera quand même des transitions entre les niveaux plutôt sympa avec des effets visuel et une 3D vraiment réussie mais les graphismes du jeu sont plutôt moyens en plus d'avoir des décors horriblement flous.

Le menu enfant s'il vous plait

Impossible de passer à côté du menu de cette compilation, vu qu'il s'agit ici de la première approche immersive du titre et que l'on s'y amuse comme un gamin. La première fois que j'ai allumé le jeu, j'ai bien du resté bloqué une bonne demi heure à jouer avec ma manette qui est représentée dans le jeu et à taper/frotter/plonger/éviter/souffler sur les sphères représentant les différent jeux. Le menu le plus fun et immersif que j'ai pu voir jusqu'ici dans un jeu VR. Inutile donc indispensable.
 
RÉALISATION
Sur la réalisation, on touche à la fois au chaud et au froid, parfois visuellement impeccable (Danger Ball), parfois flou (Scavengers Odyssey). Dans l'ensemble, la réalisation est plus que convenable et ne présente aucun soucis majeur.
JOUABILITÉ
Niveau jouabilité, cela dépendra de l'expérience encore une fois. Mais globalement on pourra reprocher à cette compilation d'avoir voulu rendre le gameplay trop accessible. La simplicité peut être une qualité, comme sur Danger Ball, mais peu aussi donner quelque chose d'insipide comme avec VR Luge. London Heist lui se démarque vraiment par sa jouabilité excellente aux PS Move qui nous immerge encore un peu plus dans le jeu et donne la possibilité de recharger son arme de manière très naturelle ou d'attraper des objets.
SON
Le son 3D fonctionne très bien, nous permettant d'identifier la position des sources sonores. Les ambiances sonores et les musiques sont de qualité, mais rien de transcendant pour autant. Ca fait juste le taff.
DURÉE DE VIE
Le plus gros défaut de ce VR Worlds est clairement son faible contenu. Mis bout à bout, vous en aurez pour quelques heures de jeu si vous décidez de réaliser tous les défis secondaires (peu passionnants au passage). Mais chacune des expériences est vraiment trop courte, nous donnant la sensation de jouer à une série de démos/prototypes de jeu.
IMMERSION
A l'exception de VR Luge, tous les jeux proposent une très bonne immersion, avec London Heist en haut du tableau. L'avantage de cette compilation étant de nous proposer différents types d'immersion en VR, il y a de quoi se donner une idée des possibilités de la réalité virtuelle.
 
NOTE GÉNÉRALE
Pour résumer, VR Worlds est une porte d'entrée honnête pour faire découvrir la VR à toute personne "vierge" de réalité virtuelle mais cette qualité est également son plus gros défaut. Avoir trop misé sur l'accessibilité avec du gameplay très simple (quand il existe) et une faible durée de vie ne convaincra malheureusement pas les joueurs, surtout à la vue du prix demandé (40€).

On regrette surtout amèrement que London Studio n'ait finalement pas préféré se concentrer sur le développement de leurs meilleurs concepts, quitte à sacrifier le nombre d'expériences sur la galette au profit de la profondeur (particulièrement pour London Heist, qui aurait vraiment mérité un jeu complet).  Cette compilation nous donne donc un bon aperçu de la VR, mais c'est justement ça le problème, car plutôt que de simplement l'apercevoir, nous aurions aimé y plonger pleinement. 


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