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Test - Robinson : The Journey : Jurassic Pattes

le 14/11/2016 à 12:00
Il est toujours intéressant de voir un développeur comme Crytek proposer un titre VR. En effet, ce studio allemand est connu pour ses titres graphiquement en avance sur leur temps, avec Far Cry, et surtout le premier Crysis qui n'a pratiquement pris aucune ride en presque 10 ans. Le studio a déjà fait un premier pas dans la VR avec The Climb, qui était un titre sympathique, mais avec un gameplay un peu trop limité par le pad Xbox 360 et qui n'était étrangement pas la claque graphique attendue. Pour Robinson, on part sur un projet assez différent, plus posé... Et avec des dinosaures !

Une expérience qui en met plein les mirettes

HIGS, ce petit robot rond est une vrai pipelette !
HIGS, ce petit robot rond est une vrai pipelette !
Robinson : The Journey va commencer en introduisant rapidement son histoire... en seulement 4 lignes. On comprend qu'une colonie humaine en quête d'une nouvelle planète a vu son vaisseau mère, l'Esmeralda, exploser dans l'espace et qu'une navette de secours a pu être éjectée et s'est crashée sur une planète inhabitée du nom de Tyson III. À son bord, un seul survivant, Robin (qui semble d'ailleurs doublé par une femme en VF, assez troublant ?! ). Vous allez donc directement incarner Robin, qui se réveillera dans sa nacelle de survie avec HIGS, un petit robot sphérique flottant à vos côtés.

HIGS, c'est le protecteur robotique de Robin. Il vous suivra partout et se comportera tel un vrai papa poule à votre égard. Son personnage est très attachant et son doublage (tout en VF) est excellent. Il est évidemment dur de ne pas penser à Portal en voyant HIGS que l'on pourrait croire tout droit sorti des labos d'Aperture Science. La navette étant minuscule, vous allez très vite être invité à sortir, ce qui vous donnera l'occasion d'admirer le jeu qui est actuellement le plus avancé techniquement du Playstation VR. Si The Climb ne m'avait guère impressionné sur ce point, ce Robinson tient toutes ses promesses.

Mais avant de parler graphismes, précisons que l'on a pu essayer le jeu aussi bien sur PlayStation 4 traditionnelle que sur le nouveau modèle Pro et que les deux sont à la hauteur. Donc oui, sur la version PlayStation 4 de base, on a encore droit à ce fameux flou que l'on retrouve dans pas mal de jeux PS VR, mais il n'est pas vraiment gênant et les environnements sont grands, détaillés et l'expérience toujours parfaitement fluide. Sur PlayStation 4 Pro, le flou  est nettement réduit (même si pas totalement absent) et la faune est plus présente. Notons comme bon point que les deux versions proposent une excellente 3D relief, ce qui n'est étrangement pas le cas de tous les jeux PS VR actuels. Bref, peu importe le support, Robinson est beau et il en fera une expérience contemplative d'excellence pour le PSVR.
 

Électricien Simulator

L'impression de grandeur de ces créatures est parfaitement restituée !
L'impression de grandeur de ces créatures est parfaitement restituée !
HIGS va vous présenter votre camp sur lequel plusieurs installations sont présentes et votre première tâche va être de remettre le courant électrique. Pour ce faire, vous allez avoir droit à une sorte de casse-tête qui va vous faire incarner HIGS en vue aérienne, une vue qui donne un aspect maquette à l'expérience réellement agréable à voir. Ces casse-têtes vont revenir plusieurs fois dans l'aventure, mais ne sont pas forcément très intéressants. Le concept est simple : votre but est de faire en sorte qu'un certain niveau de courant arrive de façon bien répartie à plusieurs sources ayant besoin d'alimentation. Cette mécanique qui sera ultra simple au départ deviendra plus compliquée en avançant dans l'aventure, mais rien de bien méchant.

Ce petit tuto rapide sur la répartition du courant sera l'occasion de découvrir Layka, une petite T-Rex que Robin a adopté alors qu'elle était tout juste sortie de son oeuf. Layka sera votre seul autre compagnon, et vous allez apprendre assez rapidement qu'elle pourra vous être utile de plusieurs façons différentes en lui donnant l'ordre soit de vous suivre, soit d'aller à un point précis, soit de rugir. Efficace pour faire fuir certaines créatures hostiles !
 

"Layka, attaque rugissement !"

Layka, le plus mignon des T-Rex !
Layka, le plus mignon des T-Rex !
Layka ne sera cependant pas votre seul moyen d'interagir avec l'environnement, Robin étant équipé d'un petit outil multifonction bien utile. Cet objet aura 3 fonctions. La première sera de pouvoir faire léviter certains objets et de les éjecter si l'envie vous prend, comme le bien nommé Gravity Gun d'Half Life 2. Une autre de ses fonctions permet de faire apparaître un pointeur laser pour montrer à Layka où aller ou avec quel objet interagir. Sa dernière utilité sera un capteur vert qui va vous permettre d'analyser les créatures que vous pourriez rencontrer, encore à l'aide d'une sorte de mini-jeux sympathique sur les petites créatures, mais très fatigant sur les plus grosses ou les plus mobiles. En effet, il va vous falloir viser des petits points verts sur la créature à analyser, sans toucher les petits points rouges qui seront aussi présents. Sur des diplodocus qui ont une centaine de points un peu partout, c'est rapidement barbant. Heureusement ceci reste tout à fait facultatif, l'intérêt étant seulement de répertorier toutes les créatures de Tyson III (toi aussi, complète ton Pokedex !)

Une autre mécanique qui revient souvent dans Robinson, c'est l'escalade et pour le coup, difficile de ne pas penser à The Climb, l'autre jeu VR de Crytek. Le gameplay est globalement le même d'ailleurs, on regarde une paroi sur laquelle on veut s'accrocher, et on appuie sur la gâchette gauche ou droite selon la main avec laquelle on veut s'accrocher. On perd cependant la gestion de la fatigue de The Climb, Robin pouvant ici rester accroché indéfiniment, à une ou à deux mains.
 

C'est beau mais c'est cher... Mais c'est beau... Mais c'est cher.

'Je tiens à vous dire qu'il est bizarre votre caniche !'
'Je tiens à vous dire qu'il est bizarre votre caniche !'
Et puis pour le gameplay de Robinson... Et bien en fait, on a déjà tout abordé. Robinson est en effet plus une expérience narrative qu'un jeu et il va vous demander de parcourir Tyson III à la recherche d'enregistrements de l'Esmeralda pour comprendre ce qui a bien pu arriver au vaisseau et trouver, pourquoi pas, des traces des autres survivants. Vous allez la plupart du temps y rencontrer des créatures pacifiques... Au moins jusqu'à la dernière portion du jeu, qui vous mettra face à des créatures bien moins amicales, et une inspiration énorme de Jurassic Park pour la dernière partie de l'aventure (mais je n'en dis pas plus).

Une des choses plutôt étonnante avec le gameplay de Robinson, c'est d'avoir simplement supporté la manette Dualshock 4. Tout au long de l'aventure, vous allez tenir ce fameux outil multifonction en main droite et souvent viser plusieurs choses avec... Un gameplay au PS Move aurait eu tellement de sens, renforçant à la fois l'impression du jeu, mais rendant aussi sa jouabilité plus agréable. Notons cependant que Crytek a avoué réfléchir à inclure la prise en charge des PS Move dans une future mise à jour, mais cela reste un point qui aurait dû être présent dès le lancement.

Robinson souffre aussi d'un gros manque de situations intéressantes. Le parti pris d'en faire une expérience d'avantage basée sur la contemplation et la narration est tout à fait louable, mais dans ce cas il faut enchaîner les situations qui captivent le joueur, qu'elles soient dangereuses ou non. Hélas, dans Robinson, les 3/4 de l'aventure vont ressembler à une journée comme une autre dans la vie de Robin. Il va vraiment falloir la toute fin de l'aventure enfin vivre des choses intéressantes, aventure ui se termine d'ailleurs en un peu moins de 4h, ce qui pour une expérience vendue au prix fort de 60€, parait trop léger. Surtout que la rejouabilité de Robinson est presque inexistante étant donné que les quelques activités hors scénario ne sont pas intéressantes et que les environnements sont au final très peu nombreux.

Bref, Robinson est une approche intéressante de la VR par Crytek, et totalement différente de The Climb qui misait tout sur son gameplay. Ici avec Robinson, on est bien plus proche du film interactif (avec aucun choix possible) que du jeu vidéo et on tient visuellement l'expérience la plus impressionnante du PS VR, avec des créatures superbement détaillées et animées à la perfection. Ce Robinson n'est donc pas un titre à mettre entre toutes les mains et vous risquez aussi bien d'être séduits par son aventure que totalement ennuyés... 

 
RÉALISATION
Robinson est le premier jeu que j'ai pu tester aussi bien sur PS4 que sur PS4 Pro. Le jeu était déjà très beau sur la PlayStation 4 classique mais présentait tout de même un flou assez prononcé. La version Pro pour sa part le réduit fortement, sans le faire totalement disparaître non plus, notamment sur les éléments au loin. Les deux versions restent très belles, parfaitement fluides, ce qui fait de Robinson le jeu PS VR le plus solide techniquement. 
SON
Niveau sonore, là aussi, Crytek a décidé de mettre les petits plats dans les grands et d'offrir une prestation de haut niveau. Le son 3D est parfaitement retranscrit et il est d'ailleurs bien pratique. Le petit robot volant HIGS ayant la fâcheuse habitude de tourner partout, il m'est souvent arrivé de le localiser en me fiant à sa voix avant même de le voir. Les bruits d'environnement sont eux aussi parfaitement retranscrits, Tyson III étant une planète remplie de créatures en tout genre qui donne un environnement sonore vivant. Il n'y a pas vraiment de thème sonore pour l'aventure, mais ce choix s'explique parfaitement avec le fait de nous faire ressentir le sentiment d'être le seul être humain sur une planète inconnue.
JOUABILITÉ
Robinson : The Journey est moins "incroyable" sur ce point. Tout d'abord, il est assez triste que Crytek n'ait pas proposé la possibilité de faire le jeu avec les Move, étant donné que notre personnage va passer toute l'aventure à viser certains points avec un outil qu'il tient dans la main droite. L'outil aurait très bien pu être manipulé avec le contrôleur VR de Sony puisque la forme de l'objet lui ressemble fortement. Le jeu restant plus une expérience contemplative qu'autre chose, le choix du Dualshock 4 n'est cependant pas gênant et les seules choses qui sont réellement rébarbatives dans l'aventure sont les scans sur certaines créatures imposantes et la lévitation, pas toujours agréable à utiliser.
IMMERSION
L'immersion dans Robinson est vraiment excellente, peu importe votre modèle de PlayStation, même si le modèle Pro et ses textures plus nettes amélioreront encore plus ce sentiment. Avec son excellente 3D relief, ses créatures parfaitement modélisées et animées et ses environnements ultra-détaillés, Robinson tape fort... Hélas, le flou sur les éléments au loin ternissent légèrement ce tableau presque parfait.
DURÉE DE VIE
3h40, c'est le temps que j'ai mis, montre en main, pour finir ce Robinson : The Journey. J'ai pourtant été bloqué (bêtement) quelques fois. Pour une expérience vendue à plein tarif (60 euros), ce n’est donc pas incroyable. D'autant plus que la rejouabilité du jeu est presque nulle, à cause de son côté ultra linéaire et ses activités annexes inintéressantes. Robinson est donc un jeu sympathique, mais qui parait vendu trop cher...
NOTE GÉNÉRALE
  68/100

Quand la VR est revenue auprès du grand public avec la sortie de l'Oculus Rift DK1, les développeurs ont commencé à tester tout plein d'idées avec la création de démos gratuites disponibles sur le Web. Et un des éléments récurrents était les dinosaures. Compréhensible quand on sait que la génération 80/90 a grandi avec un certain Jurassic Park. Dans le genre, Robinson : The Journey est l'expérience la plus aboutie disponible actuellement. Si l'idée de base de toutes ces démos était de ficher la frousse aux joueurs avec des créatures hostiles à tout va, cet aspect est clairement mis de côté dans Robinson. Vous allez la plupart du temps croiser des créatures inoffensives sur la planète Tyson III et le danger, même s'il est souvent rappelé par votre compagnon robotique HIGS, n'est en fait presque jamais réellement présent.

Au final, Robinson : The Journey, c'est plutôt du Safari VR sur une terre remplie de créatures préhistoriques (avec trop peu d'espèces) que vous pourrez analyser à volonté. Tout ça avec des graphismes qui sont ce qu'il y a de plus convaincant sur Playstation VR. L'aventure reste cependant étonnamment avare en situation intéressantes, le gros de l'histoire ressemblant à une journée comme une autre pour le jeune survivant Robin. Le scénario est quasi-inexistant et ressemble plus à un prétexte pour donner un semblant de but aux joueurs qu'autre chose. Avec un peu moins de 4h pour en voir le bout et une rejouabilité quasi-nulle, Robinson n'est donc pas la Killer App que certains attendaient pour le PS VR. Nous sommes vraiment heureux de voir Crytek continuer à sortir des projets VR et j'ai personnellement pris déjà plus de plaisir avec Robinson qu'avec The Climb, mais il semble encore nécessaire que le studio continue de tâtonner encore un peu avant de trouver la formule VR parfaite.


Tag(s) associé(s) : Application, Software, Actualité, Test, Playstation VR
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